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Hermaphrodisme et intersexe

Notre époque prône le mélange des genres et l’ambiguïté sexuelle, parle d’androgynie et d’icônes «métrosexuelles» à longueur de magazines… George vous propose d’en apprendre plus en compagnie du Dr Blaise Meyrat, spécialiste de la question, avant d’aller lorgner ce qui se passe dans le monde animal.

Ce sujet jouit d’une attention mé­­diatique renouvelée, en Suisse et dans le monde, ce qui devrait permettre de faire avancer la question de la variabilité de l’identité sexuelle et provoquer une certaine prise de conscience. Le Dr Blaise Meyrat, chirurgien pédiatre au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) et spécialiste de la question avance le chiffre d’un cas d’intersexualité «marquée» pour 4000 naissances.

On se retrouve confronté, dès la ques­tion du nombre de cas,
au pro­blème d’une définition qui reste plutôt floue. Selon Blaise Meyrat, certaines associations souhaiteraient englober tous les cas de troubles du développement des organes sexuels, que ce soit la pré­sence d’un chromosome sexuel sup­­plé­men­taire (syndrome de Kline­felter) ou une malformation du pénis (hypo­spadias). Ainsi, cette proportion passerait alors à un cas pour 500 à 700 naissances.

La faute à l’environnement
Selon certains spécialistes, on observerait une augmentation du nombre de cas. Le chirurgien de l’hôpital vaudois est plus mesuré: «On a une impression qu’il y a statistiquement plus de cas, tempère-t-il, mais on pourrait aussi l’expliquer par le fait que le suivi de ces cas, ainsi que leur identification, est aujourd’hui plus important que dans un passé récent». Par contre, de plus en plus de facteurs environnementaux pouvant affecter le bon fonctionnement de nos hormones auraient été identifiés. Certains produits chimiques utilisés par l’industrie contiennent des molécules trop proches de celles de notre corps et pourraient perturber le développement normal de nos organes sexuels. Récemment, des crèmes solaires ont été mises en cause pour les mêmes raisons.

«Dans 50% des cas, on ne trouve pas la cause directe. Un enfant peut porter les chromosomes sexuels XX (caracté­risant normalement une fille)
et naître avec des testicules, comme un autre peut porter les chromosomes XY (garçon) et présenter des caractères féminins». L’identité sexuelle n’est alors plus en lien avec les chromosomes sexuels. Les différentes causes citées par le médecin peuvent intervenir à diverses étapes: au niveau des chromosomes sexuels même, à celui des gènes portés par ces chromosomes, ou encore au niveau des molécules (hormones, enzymes) intervenant dans le développement des organes sexuels.

La question de l’opération
La pratique a longtemps été d’opérer le plus tôt possible. Récemment, sous la pression des associations d’intersexes ainsi que par la prise de conscience par les spécialistes des difficultés engendrées par ces opérations précoces, la pratique tend à changer, mais diffère toujours selon le pays et le médecin. «On opère seulement ce qui est indispensable», précise le Dr Meyrat. Par exemple, un testicule qui n’est pas descendu peut présenter des risques et poser des problèmes pour la fertilité de l’individu et sera en général opéré; par contre si les deux testicules ne sont pas descendus, il y a peut-être une plus grande incertitude quant à l’identité sexuelle. «Attendons de voir et ne commettons pas l’irréversible». Dorénavant le suivi de ces jeunes patients est assuré par une équipe multidisciplinaire, comprenant généticien, endocrinologue, chirurgien et psychiatre.

Aujourd’hui, la ligne du Dr Meyrat et de ses collègues est maintenant d’attendre que le patient lui-même soit en mesure de décider – à la puberté, le plus souvent – vers quelle identité sexuelle s’orienter. Il souligne également que le suivi des parents est presque aussi important que celui de l’enfant. «Un sexe et un prénom doivent légalement être attribués à l’enfant peu de temps après la naissance, tout en faisant bien comprendre aux parents que cela peut encore changer…»

Comments
5 commentaires to “Hermaphrodisme et intersexe”
  1. flores dit :

    bonjour je suis une élève en terminal, nous avons une activité interdisciplinaire faite sur l’hermlaphrodisme humain. j’aurais aimé pouvoir joindre le doncteur Blaise meyrat. pour pouvoir avoir plus d’information et si possible le rencontrer.
    salutation
    flores laurine

    • sandra dit :

      bonjour laurine, Nous sommes dans le même cas que toi, on a choisi l’hermaphrodisme humain comme sujet d’AI. Nous aimerions savoir si tu as eu des réponses à tes questions notament dans ta recherche d’un professionel?? Merci de me répondre sur mon adresse mail . Amicalement
      Sandra

  2. TELESFORT dit :

    Bonjour,

    Il y a plus d’une décennie un transgenre en mal de pouvoir se faire reconnaître hermaphrodite, a écrit que les hermaphrodites voulaient que l’on les appèlent des Inter sexes.

    Depuis, beaucoup de gens provenant du genre se disent inter sexe. Le monde des maladies orphelines n’est pas compris dans la forme d’un genre. Bien au contraire, les personnes qui en sont atteintes sont rares. En France ces personnes sont appelées des ADS (Anomalie du développement sexuel) et sont recensées par une analyse de sang pour le caryotype et un séquençage de l’ADN afin d’y trouvé Gènes, Enzymes, Protéines défectueuses ou en mutation.

    Les ADS regroupent pour un faible pourcentage moins de 2% les hermaphrodites, il reste donc 98 % d’ADS autres.

    Les ADS ne deviennent pas ou ne se découvrent Inter sexes puisque c’est dans l’ADN que cela se passe. Les ADS naissent avec leurs maladies orphelines. Nous ne changeons pas de chromosomes au cour de notre vie et ni d’ADN.

    Pour ma part je suis née hermaphrodite et je ne reconnais pas le mot inter sexe que je trouve discriminant envers moi-même. Ah une hermaphrodite c’est une femme, tandis que le mot inter sexe s’applique aussi bien à une femme ou à un homme. L’anatomie d’une hermaphrodite est une femme, les parties de l’homme sont atrophiés.

    • Jessy dit :

      Salut telesfort
      Moi je suis trans FTM et je trouve que les hermaphrodites sont a mais yeux l’incarnation de la femme parfaite comme on dit «elle son le sexe des ange» et j’aimerai beaucoup en rencontre une dans ma vie pas pour être dans la catégorie malsain car je suis bien passer pour être ouvert d’esprit.
      Merci et bonne soirée

  3. le 3eme genre dit :

    en réalité hermaphrodite signifie que les deux sexes sont presents et actif simultanément. donc pas d atrophie ni de l un ni de l autre. a plupart des pays les classent cependant avec les accidents génétiques amenant a une presence partielle de l un des deux sexe mais pour lesquels le processus n est pas complet et au moins l un des deux sexe est inerte (ou seulement stérile ). d où la nécessité de parler d un autre groupe sexuel où les deux sexes sont forcément actifs : le transgenre. il sagit donc d un néologisme dont la construction grammaticale peut porter à malaise, mais dont l existence c est faite essentielle de par le détournement du terme auriginel : hermaphrodisme ou encore androgynes.

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